
MORIM Insight
Comment la jeunesse « au chômage » d'Afrique détient la clé de son plus grand bond en avant
Par Affi Agbodo
Le chômage des jeunes est presque toujours présenté comme une catastrophe : des millions de jeunes Africains diplômés sans emploi, un gâchis de potentiel, une bombe sociale à retardement. Ce constat n'est pas faux. Mais il est incomplet, et surtout, il induit de mauvaises réponses.
Car le chômage des jeunes n'est pas d'abord une crise de paresse ou de compétence individuelle. C'est une crise de conception des systèmes qui sont censés relier formation, opportunité et besoin économique réel. Des millions de jeunes formés et disponibles coexistent avec des millions de problèmes communautaires non résolus — accès à l'eau, santé de proximité, logistique agricole, éducation de base. L'offre de talent et la demande de solutions existent simultanément, mais rien ne les connecte.
Traiter ce sujet uniquement comme un déficit d'emplois « formels » à créer, c'est se tromper de bataille. La véritable opportunité est de repositionner cette jeunesse non pas comme un problème à résorber, mais comme une réserve de résolveurs de problèmes prête à être mobilisée — à condition de lui donner les outils méthodologiques pour transformer un problème local en initiative structurée.
Cela suppose une éducation différente : moins centrée sur la préparation à un poste salarié standardisé, davantage centrée sur la capacité à diagnostiquer un problème réel, mobiliser des ressources limitées, et construire une réponse viable — les compétences mêmes de l'entrepreneuriat social et communautaire.
MORIM accompagne des institutions et des programmes de jeunesse dans cette bascule : des dispositifs pédagogiques qui placent les jeunes face à de vrais problèmes de leur communauté, avec un accompagnement méthodologique rigoureux plutôt qu'un simple discours motivationnel.
L'Afrique n'a pas un problème de jeunesse. Elle a un problème de connexion entre son énergie la plus abondante et ses besoins les plus criants. Résoudre cette équation de conception pourrait bien être le plus grand levier de développement du continent pour la décennie à venir.
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