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Le grand décalage : pourquoi les esprits les plus brillants d'Afrique étudient pour une économie qui n'existe pas
Par Affi Agbodo
Chaque année, des milliers des étudiants africains les plus brillants partent étudier à l'étranger, souvent dans des filières de commerce, de finance ou de gestion. Plus d'un tiers des meilleurs étudiants africains inscrits au Royaume-Uni suivent ce type de cursus. Le raisonnement est simple : ce sont des filières prestigieuses, internationalement reconnues, qui semblent ouvrir toutes les portes.
Mais ces cursus ont été conçus pour préparer des cadres à opérer dans des économies matures, avec des marchés financiers profonds, des institutions stables et des chaînes de valeur déjà largement industrialisées. Ce n'est pas le contexte dans lequel la majorité de ces diplômés vont exercer une fois rentrés chez eux.
Le résultat est un décalage massif entre la formation reçue et la réalité économique locale. Des diplômés armés de cadres d'analyse pensés pour Londres ou New York se retrouvent face à des marchés informels, des infrastructures financières limitées, et des défis entrepreneuriaux qu'aucun cas d'école occidental n'a jamais abordés.
Ce n'est pas un problème de talent — ces étudiants comptent parmi les plus doués de leur génération. C'est un problème de conception curriculaire : nous préparons une élite à une économie qui n'existe pas encore sur le continent, plutôt qu'à celle, bien réelle, qu'ils doivent contribuer à construire.
MORIM travaille avec des institutions et des employeurs pour combler ce décalage : compléter la formation académique internationale par des expériences d'apprentissage ancrées dans les réalités africaines — étude de cas locaux, immersions en entreprise, projets appliqués aux marchés émergents et informels.
L'ambition n'est pas de renoncer à l'excellence académique internationale, mais de la réconcilier avec le terrain. Le talent africain le plus brillant mérite une formation qui le prépare à transformer l'économie de son continent, pas seulement à réussir un examen conçu pour une autre.
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Plus d'un tiers des meilleurs étudiants africains au Royaume-Uni étudient le commerce — mais peinent souvent à appliquer leurs connaissances une fois de retour chez eux.
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